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3ème édition

Sommaire de la 4ème édition

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MAIS OU EST L'INFIRMIERE?




Telle est la question que se posent les élèves du bahut en cette période caniculaire qui n 'en finit plus de délier les langues et de faire des mécontents. Qu'en est-il de cette préoccupante absence d'infirmière au sein du lycée? S'agit-il d'un cas isolé? Négligence ou fait exprès? Manque de personnel ou manque de budget? Il convient avant tout de bien cerner les responsables d'une telle situation avant de tirer des conclusions trop hâtives.

« Nous voulons une infirmière! » scandent les élèves du bahut depuis une dizaine de jours. Lundi 9 février, leurs revendications se sont faites plus offensives et plus pressantes lorsqu'un groupe d'élèves a décidé de boycotter les cours en signe de protestation contre l'absence de personnel médical dans le lycée.
INFIRMERIE
SANS INFIRMIERE
OUVERTE
Comment faire face à une chute dans les escaliers, à une entorse en cours d'EPS, à un étouffement, ou à une crise d'asthme? Attendre I ' arrivée des pompiers semble être une bien maigre assurance pour les élèves car il leur faut au minimum 15 minutes pour parvenir sur les lieux d'un accident. Et ceux qui assistent aux cours de secourisme donnés par M. Maria au lycée pourront vous dire que, dans certains cas, on ne dispose que de 3 minutes pour agir. 3 minutes, voilà tout. Sous cet angle-là, il apparaît scandaleux que l'on ne dispose d'aucun personnel soignant pour parer à de telles situations: parce que nous venons au lycée pour étudier et non pas pour risquer notre vie!
A qui la faute?


Ainsi, la manifestation de ce lundi témoignait d'une inquiétude profonde, accrue par une certaine rancœur des élèves envers I ' administration qui leur semblait indubitablement responsable de cette absence de personnel médical. Et pourtant, il convient de ne pas sombrer dans le "nombrilisme aigu", qui consiste à ne pas voir plus loin que son environnement direct. En effet, le lycée de Vincendo n'est malheureusement pas l'unique établissement scolaire à ne pas disposer d'infirmière. Il en existe plein dans cette situation, à la Réunion comme en Métropole. Les établissements les plus chanceux bénéficient tout au plus de la présence d'une infirmière 35 heures par semaine. Notons qu'un lycée comme le nôtre est ouvert 50 heures par semaine ! Un professeur du lycée dit qu'il a connu dans sa carrière beaucoup d'établissements du secondaire sans infirmière. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de privilégiés, seulement des « priorités » : d'abord les collèges et les lycées professionnels, puis les établissements à gros effectif, et au bas de la liste, des petits établissements à l'image du lycée de Vincendo. Si l'on suit ce raisonnement, il devient alors improbable que le problème soit une spécificité de notre lycée. Notons par ailleurs que M. Ramirez ne rejette pas les revendications des élèves. D'ailleurs, lors d'un entretien avec des représentants des élèves il y a deux semaines, il a clairement exposé sa démarche.

« Je comprends les
revendications des
élèves. D'ailleurs,
j'ai renouvelé ma
demande au Rectorat
en ce qui concerne
l'attribution d'une
infirmière au
lycée.»
M. Ramirez

Alors, à qui la faute ? Au manque cruel de personnel dans la profession ? Impossible : les concours d'infirmière sont particulièrement convoités par ces jeunes demoiselles issues de la section SMS ou de filière scientifique. A l'indifférence du rectorat ? Pas plus crédible : celui-ci ne fait qu'appliquer les décisions du ministère . . . Le ministère de I 'Education Nationale, mais oui, bien sûr ! Il convient d'étudier cette hypothèse en détail. Un problème de fond(s) Faisons pour cela un petit retour en arrière et rappelons- nous la période de crise du dernier trimestre 2003, quand certains personnels de l'Education Nationale ont usé les pavés, neutralisant la « productivité scolaire » (cf. nouveau dictionnaire de • l'Education Nationale). Quelle était la principale origine de leurs revendications ? Il s'agissait entre autres de dénoncer les suppressions d'emplois au sein de l'Education Nationale prévues par le gouvernement dans le cadre de la décentralisation et des « économies budgétaires. » Souvenez-vous que M. Raffarin voulait opérer un transfert des TOS (effectif à ce jour), des opérer un transfert des TOS (effectif à ce jour), des COPSY, des médecins et des infirmières scolaires vers les collectivités territoriales! Certains - politiques, parents, professeurs, élèves -ont condamné ces manifestations qui selon eux n'étaient qu'une protestation capricieuse et égoïste des enseignants ... A noter que lors du mouvement du lundi 6 février devant le lycée, quelques parents d'élèves étaient venus eux aussi montrer leur inquiétude et leur incompréhension face à l'absence de personnel médical dans l'enceinte de l'établissement. Tout cela pour dire que les coupables se trouvent bien plus haut que nous le pensions et que nous ne devons pas nous tromper d'adversaires. Les élèves ont raison de se battre pour demander plus de sécurité dans leur lycée. N'est-ce pas écrit dans la Constitution que chaque citoyen a droit à la protection de l'Etat devant la maladie? La politique actuelle en matière de santé nous semble pourtant bien loin de cette mission fondamentale de l'Etat. En attendant, puisqu'on ne peut compter sur l'Etat pour soigner nos "petits bobos", il ne nous reste plus qu'à nous inscrire tous en masse au stage de secourisme de M. Maria...

G.G.



CE QUE VOUS EN PENSEZ:
Isabelle. 1ère ES: "Je trouve que toutes ces revendications ne servent à rien parce que de toute façon, il n 'y aura pas de résultat. "

Des élèves de 1ère STTA: "On a fait grève lundi 9 février parce qu 'on pense que ce n 'est pas normal qu 'il n 'y ait pas d'infirmière au lycée. En plus, on nous a dit que l'infirmière du collège pouvait intervenir dans notre lycée, mais on s'est renseignées et ce n 'est pas vrai!"

Une élève de 1ère S: "L'infirmière du collège d'à coté n'a pas la possibilité d'intervenir en cas de problème au lycée. Alors il ne faut pas que les élèves se leurrent. "

Vinc'ados.news, journal du lycée de Vincendo.