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3ème édition
Sommaire de la 4ème édition
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Chronique
SUITE AUX REFORMES DU GOUVERNEMENT
QUELLE EST LA VALEUR DE NOTRE EDUCATION?
L'école,
est-elle devenue une marchandise M. le Premier Ministre?
Notre ministre de l'Education, peut-il nous rappeler sans philosopher
les valeurs que son aïeul Jules Ferry a données à l'Ecole
de notre République?
Quelles sont les véritables ambitions de la Nation pour les citoyens
de demain?
Depuis la mise en place du gouvernement Raffarin, les réformes
tombent. L'école divise et est elle-même divisée...
Entre la remise en cause de la laïcité et de la gratuité,
la décentralisation et les projets de réformes des universités,
une épée de Damoclès plane au-dessus de notre école
et donc de notre éducation. Le spectre de la Mondialisation et
les pressions exercées par l'Europe annoncent-ils la mort de
nos valeurs républicaines? Adieu les idéaux, nos valeurs
ont aujourd'hui un prix...
"L'école a un coût" nous a appris
le Premier Ministre à Rouen l'année dernière. Mais
de quel coût parlait-il? Certainement pas du prix à payer
pour mener à bien l'éducation des citoyens de demain. Non...
M. Raffarin a fait preuve de bien plus de prosaïsme puisqu'il entendait
par-là le prix à payer pour assurer à moindre coût
les heures de cours des rejetons de la Nation.
L'école, produit de demain
Aujourd'hui, l'éducation est-elle un secteur économique?
Est- elle sur le chemin de la libéralisation, comme d'autres services
publics tels que la Poste ou EDF. Ainsi réduite au statut de produit,
on peut parler désormais de "plus value pédagogique",
"d'économie de la connaissance", et même de "rendement
de l'école". Avis à ceux qui aiment l'école,
rendez-vous sur le site internet du debat
national : vous y trouverez de quoi approfondir votre vocabulaire
d'économiste.

L'école trop chère
108.1 milliards d'euros: telle est la dépense réalisée
par l'Education Nationale pour assurer son rôle, son devoir, sa
mission envers les jeunes français en 2002. Trop cher! Il manque
plus de 40 milliards d'euros au budget du ministère de l'Education
Nationale pour subvenir à nos besoins. Mais peut-être pourrions-nous
trouver cet argent au ministère de la Défense ? Celui-ci
pourrait bien nous prêter quelques euros pour pallier notre déficit
puisque nous ne sommes pas en guerre. Les ministres pourraient nous offrir
une de leurs petites mallettes noires pour tous les services que ces futures
générations rendront à la Nation? Quoi qu'il en soit,
le gouvernement a choisi de faire payer le contribuable parce qu'il ne
faut pas accabler Alliot-Marie et ses collègues. Ainsi, M. Raffarin
lance la décentralisation de 'Education Nationale. Le débat
sur les TOSS est déjà bouclé, restent dans l'immédiat
la question des COPSY et des médecins scolaires. Mais ne vous en
faîtes pas, on vous envoie la facture... via vos impôts locaux
!
Ostensible laïcité
Décidément, les valeurs de l'école
sont ébranlées de toute part. Voilà que l'on revendique
la laïcité de l'école. Mais l'école, en plus
d'être un lieu d'étude, n'est-elle pas aussi une instance
de socialisation ? Aussi, en interdisant les signes "ostensibles"
à l'école, nous lui retirons une de ses missions fondamentales!
La socialisation ne doit pas uniquement se
faire dans l'uniformité, mais dans la diversité. Un enfant
doit apprendre dès son plus jeune âge à appréhender
la société telle qu'elle est, c'est-à-dire pluraliste
dans les domaines culturels, religieux, ou politiques...
C'est l'éducation que l'on donne à l'école qui doit
être laïque, dans la mesure où il ne doit pas exister
de prosélytisme religieux ou de propagande politique. L'école,
elle, doit rester publique et donc ouverte à tous et tolérante
envers tous. Si l'on veut apprendre aux élèves la tolérance,
commençons par tolérer nous-mêmes. De plus, il me
semble qu' on peut bien mieux diminuer la violence religieuse en enseignant
aux élèves les religions.
La tolérance
découle de la connaissance de l'autre... Mais comme on supprime
des postes d'enseignant, et on diminue les heures de certaines matières,
il semble improbable que l'on s'allie au modèle allemand concernant
l'enseignement laïc des religions... Logique économique!
Universités trop nombreuses
Aussi, Luc Ferry fait le ménage dans les universités.
Il commence par une réforme des droits d'inscription en fonction
des revenus des familles pour les étudiants de Sciences Po Paris.
L'intrusion de l'argent pourrait corrompre le système. Elargir
les bourses pour les étudiants serait bien plus raisonnable. Par
ailleurs, nous voilà aspirés par le système européen.
La réforme du 3 - 5 8 (Licence- Masters- Doctorat) menace le DEUG.
De plus, des fusions de certaines petites facultés, sont prévues
pour en réduire le coût (et oui, encore). La protestation
est omniprésente chez les étudiants. Elle a d'ailleurs permis
de retarder la réforme de Luc Ferry. Mais pour combien de temps?
La libéralisation, l'Europe, la Mondialisation, sont les ennemis
de. notre système éducatif. L'instruction et la socialisation
sont indispensables à I' éducation et à la formation
d'un citoyen responsable et éclairé. La mise en péril
des valeurs de notre école - qu'en outre, notre pays a été
l'un des rares à instaurer - laisse présager un avenir sombre
pour les prochaines générations. Le savoir est la lumière,
et comme l'affirmait justement Montaigne: "Le beaucoup savoir apporte
l'occasion de plus douter".
G.G.
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