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A PROPOS DU GRAND DEBAT SUR L'ECOLE


L'AVENIR DE NOTRE ECOLE DEBAT OU COMBAT?



Le Grand débat sur l'école, décrété par le ministre de l'Education les 22 novembre et 6 décembre derniers, est intervenu peu après les tumultes de la fin d'année scolaire 2003. Il n'en fallait pas plus pour diviser à nouveau la communauté éducative. Si le débat prôné par Luc Ferry incarnait pour certains l'opportunité inespérée de réunir les français autour d'une même question: celle de l'avenir de l'école, pour d'autres, il était impensable "d'être les complices d'un débat faussé sur l'école". Entre partisans et opposants au débat, entre pro-UMP et anti-décentralisation, le combat sur l'avenir de notre école, ne méritait-il pas de s'élever au-dessus du débat politicien?

 

"Un débat pour mieux se comprendre"

Pour M. Alain Michel, inspecteur général de l'Education Nationale récemment dans notre lycée, le Grand débat sur l'Ecole intervient après une remise en question du système éducatif par le gouvernement: "Le gouvernement se pose des questions sur les finalités de l'école dans la société actuelle suite aux changements depuis 1989". Autrement dit, il s'agit de réactualiser la loi d'orientation sur l'école dite "loi Jospin". Pour le ministre de l'Education, ce débat était une "priorité". Il permettait selon lui d'assurer une "démocratie directe" pour que "60 millions de français" puissent donner leur avis sur l'avenir de l'Ecole.
A l'heure actuelle, la commission présidée par Claude Thélot, est chargée de synthétiser plus de 15 000 réunions publiques qui ont eu lieu dans tous les établissements scolaires de novembre à janvier. En effet, ils sont une dizaine à accomplir une tâche herculéenne : faire la synthèse générale de tout ce qui a été dit durant ces réunions pour mars 2004. En septembre, ils rendront un rapport public des propositions retenues.
Selon les vœux du Président de la République et de Luc Ferry, ce débat a donc pour vocation de "contribuera construire l'Ecole de demain". M. A. Michel ajoute: "La vraie démocratie c'est que les gens de terrain s'expriment". Il pense aussi que ce débat est un moyen "pour mieux se comprendre". Luc Ferry conclut quant à lui en s'adressant aux citoyens: "C'est une chance unique de faire entendre votre voix sur ce sujet crucial. "

"Un rideau de fumée"

Telle est l'image qu'ont eu de nombreux enseignants, parents, et politiques face au débat proposé par le ministre de l'Education. Débat "bidon" voyons-nous sur les murs, "rien à (dé)battre" lisons-nous sur les banderoles des manifestants. La question, ou plutôt, les 22 questions sur l'avenir de notre école posées par Luc Ferry, ne sont autres qu'une mascarade de plus.
"Les idées ne vont pas remonter si haut", entend-t-on, "ils nous manipulent" scande-t-on de toute part... A la Réunion, des syndicats enseignants comme le Snes et la FSU ont appelé à "un boycott actif en manifestant dans les rues de Saint Pierre et de Saint Denis le 6 décembre au lieu de se rendre au "faux débat". Ils étaient finalement peu nombreux à marteler le bitume ce jour-là, 600 dans le sud et seulement 200 dans le nord.Ce débat vient raviver les plaies ouvertes des enseignants qui gardent un souvenir amer des épisodes de grève de l'année dernière, de l'absence de dialogue et du mépris du gouvernement (ndlr: "La France d'en bas" de Raffarin) ainsi que de l'issue décevante des négociations tardives.

G.G

 
















Vinc'ados.news, journal du lycée de Vincendo.