"Un débat pour mieux se comprendre"
Pour M. Alain
Michel, inspecteur général de l'Education Nationale récemment
dans notre lycée, le Grand débat sur l'Ecole intervient
après une remise en question du système éducatif
par le gouvernement: "Le gouvernement se pose des questions sur
les finalités de l'école dans la société
actuelle suite aux changements depuis 1989". Autrement dit, il
s'agit de réactualiser la loi d'orientation sur l'école
dite "loi Jospin". Pour le ministre de l'Education, ce débat
était une "priorité". Il permettait selon lui
d'assurer une "démocratie directe" pour que "60
millions de français" puissent donner leur avis sur l'avenir
de l'Ecole.
A l'heure actuelle, la commission présidée par Claude
Thélot, est chargée de synthétiser plus de 15 000
réunions publiques qui ont eu lieu dans tous les établissements
scolaires de novembre à janvier. En effet, ils sont une dizaine
à accomplir une tâche herculéenne : faire la synthèse
générale de tout ce qui a été dit durant
ces réunions pour mars 2004. En septembre, ils rendront un rapport
public des propositions retenues.
Selon les vœux du Président de la République et de
Luc Ferry, ce débat a donc pour vocation de "contribuera
construire l'Ecole de demain". M. A. Michel ajoute: "La vraie
démocratie c'est que les gens de terrain s'expriment". Il
pense aussi que ce débat est un moyen "pour mieux se comprendre".
Luc Ferry conclut quant à lui en s'adressant aux citoyens: "C'est
une chance unique de faire entendre votre voix sur ce sujet crucial.
"
"Un rideau de fumée"
Telle
est l'image qu'ont eu de nombreux enseignants, parents, et politiques
face au débat proposé par le ministre de l'Education.
Débat "bidon" voyons-nous sur les murs, "rien
à (dé)battre" lisons-nous sur les banderoles des
manifestants. La question, ou plutôt, les 22 questions sur l'avenir
de notre école posées par Luc Ferry, ne sont autres qu'une
mascarade de plus.
"Les idées ne vont pas remonter si haut", entend-t-on,
"ils nous manipulent" scande-t-on de toute part... A la Réunion
,
des syndicats enseignants comme le Snes et la FSU ont appelé
à "un boycott actif en manifestant dans les rues de Saint
Pierre et de Saint Denis le 6 décembre au lieu de se rendre au
"faux débat". Ils étaient finalement peu nombreux
à marteler le bitume ce jour-là, 600 dans le sud et seulement
200 dans le nord.Ce débat vient raviver les plaies ouvertes des
enseignants qui gardent un souvenir amer des épisodes de grève
de l'année dernière, de l'absence de dialogue et du mépris
du gouvernement (ndlr: "La France d'en bas" de Raffarin) ainsi
que de l'issue décevante des négociations tardives.
G.G